| 06/03/2013 |
En Lorraine, 168 840 personnes sont à la recherche d’un emploi. Une étude a même montré qu’en un mois 2 610 personnes avaient déposé leur dossier à Pôle emploi. Des chiffres qui font pâlir toute la région.
La région n’exporte plus autant qu’avant. C’est dans ce contexte fragile que la crise a commencé à s’installer en Lorraine. - 1,4 % d’exportations de produits locaux depuis le début de l’année. Une baisse minime pour certains, une annonce peu encourageante pour d’autres. Moins de 2 milliards de biens sont aujourd’hui exportés. Avec les produits locaux dont l’exportation n’est plus si florissante, les embauches sont alors plus rares d’où des chiffres alarmants.
La jeunesse plus fragilisée
Les chômeurs de longue durée, mais aussi les jeunes actifs sont fortement touchés par cette crise de l’embauche. Plus de 11,5 % de hausse pour les demandeurs d’emploi de moins de 25 ans tandis que la moyenne française a augmenté de 9,9 %. Une hausse considérable pour la région. Le nombre de chômeurs depuis une longue durée a aussi établi un record. Près de 17,4 % d’inscrits à Pôle emploi depuis plus d’un an, en plus, vis-à-vis de l’année précédente en Lorraine, la France n’en compte que 13,9 %.
Grâce à ses multiples frontières, la Lorraine a fait figure pendant longtemps d’el-dorado pour l’emploi. Le Luxembourg embauchait près de 3 440 transfrontaliers chaque année depuis 1997. Depuis la crise, ce chiffre a été réduit à 1 129 postes. Une véritable hécatombe pour les demandeurs d’emploi, les postes transfrontaliers sont généralement le dernier échappatoire pour ces derniers. Pourtant des forums pour l’emploi se multiplient comme Moovijob (15 Mars, Luxembourg), des résultats sont attendus.
ZOOM. L’intérim souffre en Lorraine à cause de l’industrie

Photo : DR
Comment expliquez-vous une telle baisse ?
Aujourd’hui et surtout depuis 2009, nous connaissons un fort taux de baisse des recrutements au niveau de l’intérim. Le secteur connait des difficultés principalement dans le secteur de l’industrie. La Lorraine étant une région très industrielle, si ce secteur d’activités est fragilisé, les embauches mais aussi, et d’autant plus les intérimaires seront durement touchés. Les suppressions de postes ont été nombreuses. Cela a créé un véritable arrêt de l’intérim. Le gel des embauches influe sur le recrutement des intérimaires puisque les patrons préfèrent généralement titulariser les gens plutôt que d’employer de nombreux intérimaires.
Comment cela se traduit pour votre agence ?
L’industrie ayant beaucoup souffert ces derniers temps, il y a eu une reprise de la baisse des recrutements pour l’année 2012-2013. Il y a beaucoup plus d’inscrits mais moins de demandes des entreprises. C’est un problème d’offres et de demandes. Les demandes sont bien trop nombreuses de la part d’intérimaires potentiels, alors que le nombre d’offres de la part des sociétés s’est amoindri au fil des mois.
Depuis quand avez-vous remarqué cette baisse ?
Essentiellement depuis début 2012. Nous avons noté une reprise de la baisse que l’on connaissait déjà depuis 2009. Cette baisse était en train de stagner. Mais les événements de cette année étaient tels qu’ils ont recommencé à faire baisser le taux un peu plus. Florange a marqué les esprits, mais c’est tout le milieu de l’Industrie et de la Métallurgie qui est en crise. Cela a forcément des impacts sur la région en elle-même, mais aussi sur les embauches qu’il s’agisse d’intérim ou non.
Est-ce possible d’y remédier ?
Oui, le cas des intérimaires n’est pas perdu. Quand les embauches de titulaires auront repris, celles des intérimaires reprendront. Mais pas avant. Nous restons tout de même confiants. Nous avons l’impression que le plus sombre de la crise est derrière nous. Nous espérons que ces prochains mois seront décisifs pour l’embauche de nos intérimaires.









