| 28/07/2012 |
Les conclusions du rapport Faure ont été rendues hier aux syndicats et élus de la région Lorraine à Bercy en présence du ministre du redressement productif Arnaud Montebourg. Durant trois heures les experts ont détaillés pourquoi le site de Florange était à l’arrêt depuis des mois sur décision de Mittal.
> Tout savoir sur le dossier ArcelorMittal à Florange
Pascal Faure, vice-président du Conseil général de l'économie, de l'industrie, de l'énergie et des technologies a été chargé de réaliser un rapport sur la viabilité du site de Florange conformément aux engagements pris par François Hollande et son gouvernement suite à une rencontre entre le chef de l’Etat et les syndicats à l’Elysée. L’expert estime que Florange est "viable, fiable et rentable" (filière chaude et froide).
Dans un communiqué, le ministère du Redressement productif estime que ce rapport « met en évidence les atouts du site intégré de Florange, idéalement localisé par rapport à ses grands clients, notamment automobiles, et qui se distingue par la technicité des aciers à haute valeur ajoutée produits par ses chaînes à froid, fruits des innovations du centre de recherche et développement voisin de Maizières-lès-Metz ».
Le rapport Faure n’ignore cependant pas les difficultés économiques. Il évoque la « situation difficile du secteur de l’acier qui connaît une demande structurellement en baisse, conjuguée à une surcapacité de production persistante au niveau européen depuis 2009 ». Selon les syndicats, un investissement de 400 à 500 millions d'euros est nécessaire pour faire redémarrer le site mosellan de Florange. « Une somme à la portée de M. Mittal » affirme un élu.
Selon Montebourg, Hollande va bientôt rencontrer Mittal
Les syndicats ont indiqué à la presse que selon des déclarations du ministre Arnaud Montebourg, le président François Hollande s’occuperait personnellement du dossier et rencontrera Monsieur Mittal. Une information vivement démentie vendredi soir par le service de presse de l’Elysée. Les syndicats lorrains (CFDT, CGT et CFE-CGC) se sont dits « satisfaits » à l’issue de cette réunion mais souhaitent que le processus avance « rapidement » et craint que le gouvernement se « lasse » de ce dossier devant d’autres affaires chaudes (PSA, Sanofi…)
Enfin, au cas où Mittal resterait sur ses positions, plusieurs scénarios ont été discutés lors de cette rencontre pour sauver les hauts-fourneaux lorrains. L’idée d’un repreneur d’abord, « plusieurs se sont manifestés » affirme un syndicaliste, sans toutefois les citer. L’idée d’une loi obligeant un industriel se désengageant d'une usine à la céder, en cas d'offre de reprise a été rapidement évoquée. Le candidat François Hollande s’était engagé en personne à y recourir lors de la campagne en se rendant en personne devant les salariés d’ArcelorMittal de Florange qui bloquaient le site.
Contacté vendredi soir, le maire de Florange n’était pas présent à cette réunion. « On a invité aucun maire des villes concernées par la fermeture » déplore-t-il en visant le député de sa circonscription Michel Liebgott. « Ils ont dû oublier que l’usine et son activité concernent des communes et ses habitants » peste-t-il.

François Hollande, encore candidat à l'élection présidentielle s'est engagé devant les salariés de Florange
Photo : ARCHIVES/ Jérémy Mantilaro/ LOR'Actu.fr
Mittal prêt à poursuivre le dialogue
La direction d’ArcelorMittal a indiqué vendredi dans un communiqué « avoir reçu aujourd’hui le rapport réalisé par M Faure sur le marché de l’acier en Europe et sur la situation de Florange ».
« Le rapport reconnait que la situation européenne de l’acier est préoccupante avec une demande structurellement en baisse. ArcelorMittal va analyser cette étude. Le groupe tient à réaffirmer son engagement vis-à-vis de la France qui reste un pays stratégique pour le Groupe. En effet, ArcelorMittal occupe près de 20 000 personnes en France et y a investi plus de 2 milliards d’euros au cours des 5 dernières années. La direction d’ArcelorMittal a également pris note de l’invitation du ministre Arnaud Montebourg à engager une discussion stratégique et est prête à poursuivre le dialogue de manière constructive.» conclut le n°1 mondial de l’acier.









