| 26/10/2012 |
Une innovation qui se veut une alternative au pétrole. La première station-service de France utilisant des déchets pour produire du gaz utilisé dans des véhicules est inaugurée en Lorraine. Fabriqué dans une usine de Moselle, ce gaz est ensuite distribué dans une station dédiée…
> Pour mieux comprendre : Méthanisation/Energie: la Moselle-Est carbure aux déchets
Une première, et c’est en Lorraine ! A Morsbach en Moselle a été inaugurée la première « station-service de gaz propre » pour véhicules. Dans l’usine située à quelques mètres de cette nouvelle station, les déchets ménagers collectés dans les environs sont transformés en gaz.
Forbach et la Moselle-Est peuvent se targuer de conduire sans doute l’expérience de méthanisation la plus aboutie de France. L’usine Méthavalor implantée sur les anciennes friches des HBL (Houillères du Bassin de Lorraine) a été lancée en septembre dernier par le Sydeme (Syndicat mixte de transport et de traitement des déchets ménagers de Moselle-Est). C’est l’ancien maire de Forbach et président du Sydeme qui a impulsé le projet il y a de nombreuses années. De Bouzonville à Bitche en passant par Faulquemont et le Bassin houiller, elle concerne pas moins de 291 communes de la Moselle et du Bas-Rhin, pour un total de 385.000 habitants.
15% des bus circulent au biogaz
La méthanisation permet aux déchets fermentescibles de l’Est mosellan de fournir du compost et une quantité d’énergie non-négligeable (chaleur, gaz, électricité et biocarburant). Une fois ce méthane sorti de l’usine de Morsbach il est épuré par la société Air Liquide puis injecté dans le réseau gazier.
Un gaz 100% naturel qui peut désormais faire rouler des bus et des voitures. Ainsi 15% des bus de l’hexagone roulent avec ce type de gaz, environ 10 000 voitures en France et des camions notamment du constructeur Iveco.
Plus écologique, ce biogaz permettrait environ 25% d’économie d’émissions de CO2 par rapport au classique et très cher diesel. Pour le moment le gouvernement ne le taxe pas autant que le gasoil ou l’essence, il est donc beaucoup moins cher à la pompe.
Même si ce nouveau biogaz fabriqué à partir de déchets ménagers est en plein essor, sa progression sera très lente. Les constructeurs automobiles ne lancent pas encore beaucoup de modèles en France utilisant ce mode d’énergie (environ 10 000 en circulation actuellement). Le nombre de stations est également limité : seulement 40 sur l’ensemble de la France. Dans le monde, 15 millions de véhicules circulent alimentés par du biogaz. Les précurseurs sont l’Italie ou encore l’Allemagne.
Avec Pierre-Luc Schaming









