| 10/02/2012 |
Le maire de Metz, Dominique Gros (PS) nous a reçus dans son bureau afin de faire le point sur l’actualité de la ville. Dans cet entretien il revient sans détour sur l’année 2012 qu’il entame. En perspective Mettis, Nomade In Metz, les élections présidentielles ou municipales ou encore l’Euro 2016.
Comment attaquez-vous cette année 2012 ? Quelle date clé, dans cette année charnière est-elle celle qui s’annonce la plus importante pour vous ?
Je débute cette année avec détermination. Nous avons eu les résultats dernièrement d’un sondage réalisé par l’institut BVA qui est positif malgré des travaux qui gênent les messins. Les résultats sont au-dessus de nos espérances. Notre action est comprise, le bilan à mi-mandat est accepté. On a édité un « livre bilan » à 80 000 exemplaires et on m’en demande encore. D’autres villes en demandent d’ailleurs. C’était pour moi un examen de conscience.
La date qui s’inscrit comme importante dans le calendrier 2012 est incontestablement l’élection présidentielle. Cela va marquer une inflexion dans la justice sociale et une considération de tous les foyers français.
Votre parrainage va-t-il à François Hollande, candidat du Parti Socialiste que vous avez d’ailleurs reçu à l’hôtel de ville le 17 janvier dernier ?
J’ai déjà apporté mon parrainage à François Hollande. J’ai été favorablement surpris du comportement qu’il a adopté lors de sa venue à Metz, à deux reprises en plus (ndlr. pour la campagne des primaires du PS et celle de la présidentielle). Il était en effet resté plus tard que prévu. Après son déplacement à Gandrange il a prononcé un discours en mairie, il est arrivé en retard. Il ne lui restait que vingt minutes maximum pour s’exprimer. Il a finalement préféré rater son TGV et rentrer à Paris en voiture. Il se sentait bien à Metz. Et pourtant il avait du décalage horaire dans les pattes puisqu’il revenait de Guyane. J’ai apprécié cette humanité. J’ai d’ailleurs tenu à lui adresser un courrier personnel dès le lendemain pour le remercier de sa visite.
Etes-vous favorable à l’anonymat des parrainages pour la présidentielle que demande Marine Le Pen ou encore Dominique De Villepin ?
Je suis contre. J’ai toujours considéré qu’il fallait mettre son drapeau à l’extérieur. Je l’ai toujours fait dans ma carrière et ça m’a peut-être coûté cher mais nous avons une responsabilité de transparence auprès de nos électeurs. Le redressement de la France passe par l’élection de François Hollande. Ce septennat de Nicolas Sarkozy a assez duré, enfin ce quinquennat pardon, vous voyez… Sarkozy c’est le mandat du Fouquet’s et de l’injustice sociale. Ils ont fragilisé le tissu national. Je considère qu’il faut se contrer sur l’économie réelle, la Bourse ne crée pas de richesses. J’ai travaillé dans l’industrie toute ma vie et on m’avait expliqué que j’étais ringard. Finalement je me rends compte que non.
L’INSEE à Metz et les restructurations : « Je ne suis pas satisfait des engagements de l’Etat »

Crédit Photo : Cédric Kissel | LOR'Actu.fr
Dans le sondage BVA qui a été publié début janvier, les messins ne sont pas satisfaits de la politique emploi à Metz. Avec la réforme de la carte militaire, la ville se voit déposséder de ses emplois militaires. L’Etat s’est engagé à des compensations. Etes-vous satisfaits à quelques semaines de l’élection présidentielle ?
Clairement non. Les 1 500 emplois promis par l’Etat n’y sont pas. Et ce n’est pas les 200 emplois qu’apportent Eco’Mouv sur le site de la BA 128 qui vont changer la donne. Par exemple pour les emplois de l’INSEE on ne sait pas où en est le dossier. Je ne suis pas satisfait des engagements de l’Etat. Pour nous c’est beaucoup d’énergie déployée. On fait pression tous les jours, il faut beaucoup de volonté. Nous avons rencontré Gérard Longuet à ce propos vendredi dernier.
Aurélie Flippetti, députée PS de Moselle s’est installé à Metz Place de Chambre et se montre de plus en plus présente à Metz. Elle est très active dans l’équipe de François Hollande et sera candidate aux législatives à Metz 1 en juin. C’est une bonne carte de visite pour la ville ?
Elle a des racines lorraines, c’est en effet une excellente carte de visite pour Metz. Elle a des origines locales et populaires mais elle peut s’adapter aux personnes de normal-sup par exemple. C’est une force. Si elle peut faire rayonner encore plus Metz en France, j’en serai très heureux. J’ai visité son nouvel appartement messin et je suis très heureux qu’elle s’y installe.
Une future ministre si François Hollande remporte la présidentielle ? Aura-t-elle un rôle dans votre future campagne de 2014 si vous êtes candidat pour un deuxième mandat ?
Laissons d’abord la présidentielle, échéance importante venir. Je pense qu’Aurélie Filippetti peut gagner les législatives à Metz 1 pour se faire réélire. Je n’exclue pas l’idée de me représenter pour un deuxième mandat, mais cela dépendra de mon état de santé par exemple. C’est un équilibre de vie. Quant au rôle d’Aurélie, tous les militants m’intéressent ! Elle connaît bien la ville, pour l’anecdote elle était dans la même classe que ma fille. On verra.
Euro 2016 : « Ça coûte très cher… mais il ne faut pas se précipiter »
Jean Marie Rausch, votre prédécesseur pense qu’accueillir l’Euro 2016 à Metz est « une folie ». Que lui répondez-vous ?
Oui ça coûte très cher. Nous avons un stade en mauvais état, il faudra passer par une rénovation pour ne pas l’abandonner. Le dossier disposera de 10 millions d’euros du Conseil Général de la Moselle ou encore 8 millions de l’Etat à en croire les engagements pris. Si on peut bénéficier de ces sources de financement plus une participation du privé, pourquoi ne pas le faire ? Mais il ne faut pas se précipiter et saisir une opportunité. La ville apportera 10 millions, je n’ai pas changé ma position depuis l’implication de Metz dans ce dossier.
Autre chantier d’envergure, le premier pôle métropolitain de France qui fait la réunion de plusieurs villes de Lorraine dont Metz. Quel constat faites-vous après sa toute récente création ?
Cela nous permet d’organiser le travail entre Metz et Nancy qui se rencontraient peu ou pas avant la création de ce pôle métropolitain. Cette réunion des grandes ville et des communauté d’agglomération est un progrès comme en témoigne le lancement de la grande Université de Lorraine par exemple. Dans le domaine de l’hôpital aussi. Nous affichons des objectifs ambitieux. Pour les transports et la culture ça permet aussi de nous coordonner. Pour le pôle lyrique et symphonique ou encore l’Ecole des Beaux-Arts avec Epinal. L’enjeu le plus important est aussi de monter au créneau pour avoir des financements européens en provenance de Bruxelles. Aujourd’hui c’est André Rossinot qui est président du pôle, je le serai en 2014.
Il faut savoir que ce pôle métropolitain n’est pas uns institution propre. Nous utilisons les moyens de chaque collectivité membre. Il n’y a pas eu de création de poste par exemple donc pas de coût supplémentaire. On pense juste à un logo… ce qui n’a pas encore été créé. Nous réunissons mi-février notre premier débat d’orientation budgétaire pour l’année 2012.
Mettis rentre dans une phase complexe de son chantier et provoque ainsi des perturbations. Quand ouvrira la maison du projet qui permettra d’expliquer d’avantage le projet aux messins ?
La maison du projet ouvrira ses portes le 29 février sur la Place de la République. Même si le sondage BVA est plutôt bon pour Mettis, une part des messins n’est pas satisfait du projet. Nous avons donc une importante marge de manœuvre. 33% y sont encore opposés. Mais l’ignorance et la méconnaissance sur certains points de propagent vite. L’avenir des villes passe par les transports en commun. Quand je prends le métro à Paris j’ai une grande confiance dans ce mode de transport. Mettis offrira une plus grande amplitude horaire et permettra de faire évoluer le réseau existant TAM (anciennement TCRM). Vous noterez également qu’il n’y a pas de débat au sein de Metz Métropole et que nous réalisons une importante pédagogie en interne au sein de nos équipes. Des villes nous appellent tous les jours pour se renseigner et des villes sont déjà venues officiellement comme Clairement Ferrant ou Luxembourg par exemple. Aujourd’hui (vendredi 17/02) une délégation officielle d’Amiens vient prendre des renseignements sur le projet.

Dominique Gros nous a reçus dans son bureau à l'hôtel de ville pour une heure d'interview
Crédit Photo : Cédric Kisel | LOR'Actu.fr
Nomade In Metz : « combien de fois j’ai été personnellement mis en cause… »
Nomade In Metz, clap de fin. Votre adjoint Antoine Fonté a officiellement annoncé que la ville n’aidera plus le festival. C’est fini ?
Nous étions très heureux du projet Nomade In Metz quand on nous l’a présenté. Il faut savoir, et cela n’a pas été beaucoup dit mais j’ai plusieurs fois exposé ma représentation physique pour la cause des gens du voyage, à Magny notamment. Au milieu de hurlements j’étais bien seul. Combien de fois j’ai été mis personnellement en cause dans ce dossier du festival. Si seulement l’évènement avait bien marché… Le côté attractif et culturel était intéressant. Mais la mauvaise gestion par ses dirigeants est flagrante. Dès la première édition les trésoriers se sont succédé après de multiples démissions. Ils n’ont pas payé certaines factures ou des intermittents du spectacle. Au total la ville a apporté près de 100 000 euros d’aide (subvention et prestations en nature) pour la dernière édition. On vient nous chercher uniquement quand il y a des problèmes, on a été considéré comme une vache à lait. Enfin comme si ça ne suffisait pas sa présidente et son entourage ont attaqué d’autres évènements culturels de Metz dont la Nuit Blanche ou Passages. C’est très fort…
En bref je ne peux plus travailler dans de telles conditions. Mon adjoint à la Culture a été formidable. Je suis bien le seul à prendre des risques pour la cause des gens du voyage. Et puis la programmation culturelle est festive à Metz est tellement riche, on peut aussi s’y intéresser.









C'était pas plutôt 10 millions qui étaient prévus???