| 14/08/2012 |
Le 15 août marque le jour de l'Assomption pour les fidèles de l’Eglise catholique. Dans un contexte économique tendu et sociétal propice aux débats, l’Eglise s’en mêle. Mariage gay, roms et euthanasie sont au cœur des préocupations. « Il ne faut pas dénaturer le mariage » a notamment assuré le cardinal Philippe Barbarin.
A propos du mariage pour tous qui devrait être légalisé courant 2013, dans le premier semestre selon la ministre de la Famille, l’Eglise monte au créneau. « C'est une rupture de civilisation de vouloir dénaturer le mariage, qui est depuis toujours une réalité merveilleuse et fragile » afirme le cardinal Philippe Barbarin dans une interview accordée au journal Le Figaro.
La prière qui sera lue dans toutes les paroisses de France demain mercredi affirme sa grande opposition au mariage des personnes homosexuelles et à l’adoption par les couples de même sexe. « On peut prier pour l'engagement des époux, pour les enfants et les jeunes, afin qu'ils bénéficient pleinement de l'amour d'un père et d'une mère sans être taxé d'homophobie » se justifie l’homme de foi qui dicte la position officielle de l’Eglise.
« L'Église a l'habitude d'être le paillasson sur lequel on s'essuie les pieds »
Sur l’euthanasie, évoquée du bout des lèvres par François Hollande en juillet dernier, l’Eglise s’y oppose une nouvelle fois avec fermeté. « Une loi qui justifierait l'euthanasie accréditerait l'idée que certaines vies ne méritent pas d'être vécues. » indique Mgr Barbarin.
Une prière qui sera lue demain pour l’Assomption et qui provoque déjà une vive polémique. Qualifiée d’homophobe, notamment par de nombreux courants associatifs, l’Eglise s’en défend. « L'Église a l'habitude d'être le paillasson sur lequel on s'essuie les pieds » lance le cardinal dans les colonnes du Figaro. Même Nadine Morano, pourtant fervante catholique et femme politique de droite ne suivra pas « à titre personnel » cette prière.
Enfin, l’Eglise catholique accuse le gouvernement actuel d’orienter les sujets vers la société et sa remise en question alors que la crise économique et sociale bat son plein. « Faute de pouvoir résorber le chômage, on changerait le mariage, la famille… et quoi encore, demain ? » tranche avec fermeté Philippe Babarin.
Jean-Luc Romero, premier élu (et président de l’association Elus locaux contre le sida) à avoir révélé sa séropositivité en 2002, estime dans un communiqué que l'Eglise catholique conteste « le vote des Français qui, en élisant François Hollande, ont voté pour la proposition 31 qui prévoit l'ouverture du mariage aux conjoints de même sexe ».
L’opposition, par la voix du député UMP Jacques Myard, peste le contraire. « Les Eglises, quelles qu’elles soient, israélites, musulmanes, catholiques, ont le droit de prendre position sur des questions de société et il n’y a rien de choquant dans cela » a-t-il déclaré.










