| 09/10/2012 |
Ce cliché réalisé fin mai grâce à un piège photographique a permis d'affirmer la présence du loup dans les Hautes-Vosges.
Crédits photo : Préfecture des Vosges
La Préfecture des Vosges a fait savoir que les éleveurs pouvaient faire usage du tir de défense sur le loup. Une demande formulée depuis longtemps par les éleveurs qui ont perdu de nombreuses bêtes. Ce tir défensif est autorisé jusqu'au 15 novembre prochain indique les services de l'Etat.
Selon l’ONCFS (Office national de la chasse et de la faune sauvage) il y a trois loups qui vivent en Lorraine dans les Vosges. On identifie ainsi un couple composé d’une femelle et d’un mâle et un autre mâle vivant en solitaire. Sur plusieurs photos, le canidé est pris en flagrant délit avec un morceau de viande dans la gueule.
Le loup des Vosges occupe les éleveurs depuis plusieurs mois. Au total le loup est à l’origine de 12 attaques et 46 victimes en 2011. Cette année il en est déjà à 48 attaques faisant 165 victimes animales en 2012. Deux se trouveraient sur le massif dans le secteur de La Bresse et un autre dans la plaine des Vosges selon des informations de l’ONCFS qui n’est pas loin d’une dizaine de clichés prouvant la présence de l’animal dans le département.
Alors que la Préfecture des Vosges a préféré censurer les clichés qui confirmaient la présence du canidé, le réseau du loup dans son dernier bulletin a publiées plusieurs photos de la « bête sauvage » des Vosges qui fait tant peur aux éleveurs. Faut-il l’abattre ? La question a fait débat…
Le 27 mai dernier le loup se promenait près de Neufchâteau et en juin dernier à l’est du département révèle « Le Bulletin loup ». Le magazine spécialisé révèle également plusieurs photos du loup qui serait responsable de la mort d’au moins 165 animaux d’élevage dans de nombreuses fermes. Le loup photographié par l'Office national de la chasse et de la faune sauvage est le troisième animal sauvage identifié à ce jour dans le massif vosgien. Un échantillon d’urine, collecté en janvier 2012 avait déjà affirmé la présence d’une louve. Sur la photo, les spécialistes de la faune et de flore affirment qu’il s’agit bien d’un mâle. Une perspective de création de meutes et donc de multiplication du nombre de loups n’est pas à exclure.
La pression des éleveurs

José Bové avait préconisé au début de l’été d’abattre les loups mis en cause par de nombreux éleveurs et accusés d’avoir tué de nombreux animaux. Une sortie qui n’a pas été du goût de l’Association pour la protection des animaux sauvages (Aspas) qui avait déposé contre l’eurodéputé une plainte au tribunal pour « incitation à la destruction d’une espèce protégée ». L’homme qui a été présent aux côté d’Eva Joly dans la dernière campagne présidentielle préconise l’usage du fusil. Une idée qui au sein même des rangs d’Europe Ecologie-les-Verts fait polémique et divise. Les éleveurs peuvent-ils et doivent-ils abattre le loup ? Pouvoir non, c’est interdit par la loi. Devoir, c’est tout le sens du débat ouvert notamment par José Bové qui souhaite la manière forte. Dans les faits, il a obtenu gain de cause puisque les éleveurs pourront désormais faire usage d’une arme à feu dans un cadre défensif.
Le retour du loup dans les Vosges date de 2011. Il constitue une étape importante de sa réapparition. En effet la présence du canidé est désormais confirmée dans la totalité des massifs français (Vosges, Jura, Pyrénées, Alpes, Massif central) que le loup a recolonisé naturellement.









